B’nai Brith Canada exhorte le MCDP à consulter les groupes juifs à la suite de la controverse suscitée par un projet d’exposition

CLICK HERE FOR ENGLISH

Une affiche promotionnelle de l’exposition proposée sur la Nakba (Instagram)

25 novembre 2025

WINNIPEG – Nous exhortons le Musée canadien des droits de la personne (MCDP) à consulter les groupes juifs, notamment B’nai Brith Canada, avant de donner suite à son projet d’organiser une exposition sur la guerre israélo-arabe de 1948.

« Nous sommes la plus ancienne organisation de défense des droits de la personne au Canada et nous devrions avoir notre mot à dire », a déclaré Dre. Ruth Ashrafi, directrice régionale de B’nai Brith Canada pour le Manitoba et la Saskatchewan. « Cette exposition porte sur un sujet controversé et la manière dont il est présenté aura un impact réel sur les Canadiens juifs. »

Au cours de la dernière décennie, le MCDP a subi des pressions soutenues de la part de divers groupes afin de créer une exposition consacrée à la Nakba, qui signifie « catastrophe » en arabe, un terme utilisé dans de nombreuses perspectives palestiniennes sur le conflit qui a conduit à la création de l’État d’Israël. En décembre 2023, des manifestants ont occupé le musée et ont exigé qu’il « commémore » la Nakba et d’autres violations des droits humains qu’Israël aurait commises à l’encontre des Palestiniens.

En réponse aux questions des médias lors de l’incident de décembre 2023, un porte-parole du MCDP a déclaré qu’il avait décidé de collaborer avec des Canadiens d’origine palestinienne afin de créer une exposition qui présenterait, selon leurs propres termes, « les violations des droits humains dont sont victimes les Palestiniens au quotidien. »

Dans plusieurs lettres, dont une analyse historique et juridique de 100 pages rédigée par David Matas, éminent avocat spécialisé dans les droits de la personne et conseiller juridique principal de B’nai Brith Canada, et lors de réunions avec le personnel du MCDP, B’nai Brith Canada a fait part de ses préoccupations concernant le projet de conservation. Le MCDP, en réponse à notre dernière échange, a déclaré qu’il resterait en contact avec notre organisation, mais depuis, il ne nous a pas répondu. Il n’a pas non plus révélé quelles organisations juives, le cas échéant, il a consultées jusqu’à présent.

On ne sait toujours pas si les responsables du musée ont tenu des discussions appropriées avec des historiens crédibles, des Canadiens juifs, et Canado-Israéliens.

Dans nos communications avec le MCDP, nous avons averti que présenter un seul récit au détriment des autres attiserait la controverse et contribuerait à l’agitation politique. Depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas en 2023, qui a alimenté l’antisémitisme et l’extrémisme violent au Canada, nos préoccupations quant à la manière dont l’exposition proposée par le MCDP pourrait être présentée sont devenues plus pressantes.

« Nous avons demandé à être inclus dans les consultations du MCDP», a souligné Dre. Ashrafi. « Le MCDP a dit qu’il nous répondrait, mais il ne l’a jamais fait. Le musée devrait chercher à fournir un contexte historique approprié dans ses représentations d’un sujet aussi polarisant, qui fait l’objet d’une controverse à l’heure actuelle. Sinon, celui-ci s’engage dans de la politique partisane, et non dans la reconstitution de faits historiques. »

Le MCDP a détourné les critiques en déclarant qu’il s’était engagé à présenter une exposition sur la Nakba « bien avant » les attentats terroristes perpétrés par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, soutenant que, bien que ses expositions soient historiques, ses galeries « ne pourraient jamais rendre compte de tous les aspects et de toutes les expériences liés aux droits humains ».

Parallèlement, le musée n’a pas donné suite aux suggestions de la communauté juive qui estimait qu’il serait raisonnable d’inclure dans une telle exposition, par exemple, les récits des 850 000 Juifs qui ont été déracinés de certaines régions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à la fin des années 1940-1970.

« Un musée public tel que le MCDP a un mandat particulier dans notre société », a déclaré Simon Wolle, directeur général de B’nai Brith Canada. « Compte tenu du titre de l’exposition proposée par le musée et de ce que nous savons jusqu’à présent de son contenu, nous craignons qu’elle ne mette de côté les voix des Canadiens juifs et ne promeuve des récits révisionnistes. »

« Le MCDP a encore la possibilité de changer de cap. Nous exhortons le MCDP à répondre à nos appels et à collaborer avec nous afin de garantir que toutes ses expositions soient conformes à sa mission, qui consiste à sensibiliser le public aux droits de la personne et aux expériences vécues par tous les Canadiens concernés par ces enjeux, passés et présents. »