B’nai Brith Canada demande la création d’une commission royale sur l’antisémitisme

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14 janvier 2025

OTTAWA – Invoquant les menaces mondiales et la montée de la haine envers les Juifs à l’échelle nationale, B’nai Brith Canada a écrit au premier ministre pour l’exhorter à mettre sur pied une commission royale d’enquête afin de lutter contre l’antisémitisme.

De plus, B’nai Brith Canada a réitère son demande au premier ministre de nommer un nouvel envoyé spécial chargé de lutter contre l’antisémitisme, puisque ce poste reste vacant depuis juillet. Notre organisation estime que cette situation est problématique, car, tandis que le pays traverse une crise nationale marquée par une hausse de l’antisémitisme, la communauté juive se retrouve sans représentant au sein du gouvernement.

« Les actes antisémites sont devenus monnaie courante au Canada, » a déclaré Richard Robertson, directeur de la recherche et du plaidoyer de B’nai Brith Canada. « Au cours d’une période de 24 heures au début de la semaine, les Juifs à travers le Canada ont été victimes de dizaines d’incidents haineux, notamment des graffitis glorifiant les nazis et des menaces à l’encontre de la communauté juive.

« C’est alarmant dans un contexte mondial où les idéologies antisémites motivent de plus en plus les actes terroristes et l’extrémisme national, comme nous l’avons vu à la congrégation Beth Israel de Jackson, Miss., la fin de semaine dernière. Notre gouvernement ne devrait pas attendre qu’une tragédie le force à agir. »

B’nai Brith Canada demande au gouvernement fédéral de mettre sur pied une commission royale d’enquête – un organisme indépendant composé d’experts nommés par le Cabinet – afin d’enquêter sur l’antisémitisme au pays, de rédiger un rapport sur ses conclusions et de formuler des recommandations à l’intention des décideurs politiques. Le Canada a toujours eu recours à des commissions royales d’enquête pour traiter des questions d’importance nationale, comme l’enquête nationale sur les cas de disparitions et de meurtres de personnes autochtones en 2016.

Une telle commission royale sur l’antisémitisme est en cours en Australie suite au massacre de dizaines de Juifs par des terroristes inspirés par l’État islamique (EI) lors d’une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. Au lendemain de la tragédie, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté trois hommes soupçonnés d’avoir planifié une attaque liée à l’EI à Toronto.

Notre organisation estime que le Canada devrait adopter l’approche australienne et confier un mandat similaire à sa commission royale.

« Le Canada ne peut pas se permettre d’être pris au dépourvu plus qu’il ne l’a déjà été », a déclaré Simon Wolle, président-directeur général de B’nai Brith Canada. « La création d’une commission royale démontrerait que le gouvernement fédéral reconnaît la gravité des menaces qui pèsent sur la communauté juive et offrirait l’occasion de procéder à une évaluation impartiale et approfondie de l’antisémitisme au pays. »

Concernant le poste d’envoyé spécial, Wolle considère qu’il est essentiel pour le gouvernement de disposer d’une « personne qualifiée » afin de renforcer les efforts du Canada dans la lutte contre l’antisémitisme.

« Laisser ce poste vacant », a déclaré Wolle, « nuit à la réputation internationale du Canada et témoigne d’un manque d’engagement dans la lutte contre l’antisémitisme, laissant la communauté juive du Canada se sentir négligée. »