
22 juin 2026
WINNIPEG – B’nai Brith Canada réitère ses préoccupations concernant la gouvernance du Musée canadien des droits de la personne (MCDP) après avoir appris la démission de Mark Berlin, membre de longue date de son conseil d’administration.
M. Berlin, juriste et expert en droits de la personne, avait été nommé au conseil d’administration du MCDP en 2018. Entre 2006 et 2010, il a occupé le poste de directeur général du développement international au ministère canadien de la Justice, où il a supervisé les efforts visant à contribuer au développement des services juridiques au sein de l’Autorité palestinienne naissante.
Il a démissionné de son poste au MCDP lundi, déclarant qu’il ne pouvait plus être associé au musée si celui-ci maintenait son projet d’exposition intitulé « Palestine déracinée : la Nakba, hier et aujourd’hui. »
Sa lettre, adressée à l’honorable Marc Miller, ministre canadien de l’Identité et de la Culture, soulève de sérieuses préoccupations quant à la gouvernance du MCDP et à sa capacité à remplir ses obligations en vertu de la loi sur les musées.
« Présenter le déplacement des Palestiniens de 1948 sans son contexte historique et politique approprié revient à proposer une vision étroite et partiale de l’histoire qui ne peut que renforcer la méfiance et l’animosité qui existent actuellement entre les juifs et les musulmans dans ce pays », a écrit M. Berlin. « Le MCDP se décrit souvent comme un conteur. Mais une histoire déconnectée des détails factuels qui l’entourent n’est pas la vérité, ce n’est qu’une histoire.
« Le musée a l’obligation légale et morale de dire toute la vérité, et non de la sacrifier sur l’autel de la politique. Par ses actions, le musée compromet ainsi son mandat ainsi que la confiance du public en son intégrité. »
Le texte intégral de sa lettre est accessible ici.
La lettre de M. Berlin vient étayer les objections formulées par B’nai Brith Canada concernant le projet d’exposition sur la Nakba du MCDP. Nous avons, à de nombreuses reprises, fait part de notre inquiétude face au manque de transparence qui a caractérisé le processus de conception de l’exposition, ainsi qu’à l’absence apparente d’historiens professionnels et crédibles dans son élaboration. Nous avons en outre exhorté le MCDP à reconsidérer le cadre d’une telle exposition en cette période d’incertitude géopolitique sans précédent, de montée de l’antisémitisme et d’inquiétudes quant à l’utilisation d’une rhétorique antisioniste visant à diaboliser le peuple juif.
« M. Berlin est un universitaire respecté qui a œuvré sur le terrain pour promouvoir la paix et les droits de l’homme en Israël et en Palestine, » a déclaré Simon Wolle, directeur général de B’nai Brith Canada.
« Sa lettre doit servir de signal d’alarme non seulement pour les administrateurs restants du MCDP, mais aussi pour le ministre [Marc] Miller. »
M. Wolle a déclaré que le gouvernement avait cherché à « se soustraire » à sa responsabilité d’intervenir, malgré les vives inquiétudes selon lesquelles l’exposition sur la Nakba porterait atteinte à la réputation du musée et causerait un préjudice à la société canadienne.
« À la lumière de ces nouvelles informations, le B’nai Brith espère et s’attend à ce que les accusations mutuelles cessent ; que le gouvernement assume ses responsabilités ainsi que celles de ses parties prenantes, et que les manquements répétés à son devoir d’assumer ses responsabilités là où cela compte soient corrigés une fois pour toutes.
« Il incombe au gouvernement d’intervenir lorsqu’un administrateur démissionne et s’exprime sur la gouvernance interne d’une société d’État fédérale, sur son travail et sur son impact sur le public canadien.
« La mauvaise gestion de cette exposition par le MCDP devrait préoccuper tous les Canadiens. Il ne s’agit pas seulement des préjudices potentiels causés à la communauté juive, mais aussi de ce que cela révèle sur l’état de nos institutions fédérales, de nos valeurs et du rôle du Canada dans le respect des normes internationales et des droits de l’homme. »
Le 18 juin, B’nai Brith Canada a formulé une série d’attentes clairement définies à l’intention du MCDP. Dans un communiqué, nous avons demandé au gouvernement de revoir la composition de son conseil d’administration.
Suite à la démission de M. Berlin, B’nai Brith porte l’affaire à un niveau supérieur auprès du MCDP et du gouvernement fédéral.