
11 novembre 2025
OTTAWA – Le gouvernement fédéral doit agir afin de refuser l’entrée aux ressortissants étrangers qui cherchent à entrer au Canada dans le but de radicaliser les Canadiens, a exhorté B’nai Brith Canada dans une récente soumission au Parlement.
« Le gouvernement peut y parvenir en ajoutant un « critère supplémentaire d’interdiction de territoire » à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) », a écrit B’nai Brith Canada dans son mémoire présenté au Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM) de la Chambre des communes. Le Comité examine actuellement le projet de loi C-12, un projet de loi introduit le mois dernier qui renforcerait la sécurité frontalière du Canada.
« Ce critère supplémentaire rendrait inadmissibles au Canada, pour des raisons de sécurité, les résidents permanents ou les ressortissants étrangers pour lesquels il existe des motifs raisonnables de croire que leur entrée a pour but de contribuer à la radicalisation des Canadiens », a fait valoir B’nai Brith Canada.
Au cours des dernières années, divers ressortissants étrangers se sont rendus au Canada dans le but de radicaliser les Canadiens. Par exemple, en 2024, Mohammed Hoblos, un Australien connu pour avoir incité ou justifié publiquement la violence envers les Juifs, la communauté LGBTQ+ et d’autres groupes marginalisés, est entré au Canada dans le cadre d’une tournée de conférences à travers le pays. L’université Thompson Rivers (TRU) a refusé d’accueillir M. Hoblos, qui devait y prendre la parole, affirmant que ses déclarations antérieures étaient « incompatibles avec l’engagement de TRU à maintenir un environnement sécuritaire et respectueux envers tous les membres de sa communauté ». Plusieurs pays, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, ont refusé l’entrée à M. Hoblos avant sa visite au Canada.
« Tout pays devrait pouvoir prendre des précautions raisonnables et refuser l’entrée à ceux qui souhaitent radicaliser les Canadiens en propageant la haine, en glorifiant le terrorisme et en incitant à la violence », a déclaré Richard Robertson, directeur de la recherche et du plaidoyer chez B’nai Brith Canada. « Le Canada doit modifier sa législation afin de protéger les Canadiens contre les acteurs malveillants qui cherchent à semer la division et à radicaliser notre population, en particulier nos jeunes. »
L’amendement proposé par B’nai Brith Canada ne serait pas discriminatoire en fonction de l’idéologie ou des affiliations politiques d’un individu, a expliqué M. Robertson. Au contraire, « l’interdiction d’entrée serait fondée sur les antécédents documentés d’une personne, y compris ses déclarations antérieures, ses publications sur les réseaux sociaux ou d’autres indications selon lesquelles son entrée contribuerait à la radicalisation des Canadiens ».