
23 juillet 2026
OTTAWA – Les récentes évaluations gouvernementales confirment ce que B’nai Brith dénonce depuis des mois : la communauté juive du Canada est confrontée à des menaces persistantes et sans précédent à sa sécurité.
Les deux éléments en question — un récent rapport de Statistique Canada sur les taux de criminalité et une évaluation de la sécurité nationale qui aurait été préparée par le Centre intégré d’évaluation des menaces (CIEM) du Canada et dont les conclusions ont été rapportées dans les médias — démontrent que les Canadiens juifs demeurent une cible privilégiée des propagateurs de haine et des groupes extrémistes.
Selon Richard Robertson, directeur de la recherche et des affaires publiques à B’nai Brith Canada, l’évaluation du CIEM est particulièrement préoccupante.
« Selon les informations rapportées, l’évaluation du CIEM prévoit que la violence visant la communauté juive continuera de s’intensifier », a-t-il déclaré. « Elle établit des liens entre des éléments du crime organisé et la République islamique d’Iran, un lien qui, selon nous, pourrait être à l’origine de plusieurs incidents ayant ciblé des institutions juives au pays. »
L’organisme gouvernemental aurait également indiqué que, à long terme, la normalisation de l’antisémitisme et de la violence pourrait « inciter certaines personnes vulnérables à adhérer à l’extrémisme violent ».
La semaine dernière encore, B’nai Brith a signalé que le nombre d’incidents antisémites violents s’est accéléré en 2026, passant de 11 en mai à 27 au début de juillet. L’évaluation du CIEM souligne notamment que le contexte est devenu plus précaire pour les Canadiens juifs depuis le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran en février.
Parallèlement, le rapport de Statistique Canada, publié mercredi dans Le Quotidien, indique que 788 crimes haineux visant des personnes juives et signalés à la police ont été recensés au Canada en 2025. Selon ces données, les incidents ciblant les personnes juives représentaient environ 71 % des infractions motivées par la haine fondées sur les croyances religieuses de la victime.
« Les conclusions de Statistique Canada confirment que l’approche actuelle du gouvernement fédéral pour faire face à la crise nationale de l’antisémitisme est insuffisante », a déclaré M. Robertson. « Des mesures supplémentaires doivent être prises immédiatement. »
« Le nombre disproportionné d’attaques et d’incidents visant la communauté juive vient confirmer les conclusions de notre Rapport annuel sur les incidents antisémites au Canada en 2025 », a déclaré M. Robertson.
Dans son Rapport annuel pour l’année 2025, B’nai Brith a recensé 6 800 incidents antisémites au Canada. Nos données comprennent notamment les statistiques sur les crimes haineux recueillies auprès des services de police partout au pays. Notre méthodologie diffère de celle utilisée dans le rapport de Statistique Canada, puisque nous examinons l’ensemble de la prévalence des incidents antisémites au sein de la société canadienne, et non seulement les infractions criminelles motivées par la haine visant la communauté juive.
Les données de Statistique Canada révèlent une légère baisse du nombre de crimes haineux en 2025 par rapport à 2024. Toutefois, ce nombre demeure nettement supérieur aux niveaux observés au cours des années précédentes.
Selon M. Robertson, cette surreprésentation des Juifs parmi les victimes de crimes haineux n’a rien de surprenant. Plusieurs sondages, de même que les recherches présentées dans le Rapport de B’nai Brith, indiquent que l’antisémitisme s’enracine de plus en plus dans la société canadienne et tend à être banalisé dans le discours public.
« Les données de Statistique Canada et les récentes évaluations de l’ITAC confirment les inquiétudes que B’nai Brith exprime depuis plusieurs mois », a déclaré Simon Wolle, directeur général de B’nai Brith Canada. « La lutte contre l’antisémitisme exige une mobilisation de l’ensemble des instances gouvernementales. »
B’nai Brith exhorte notamment Ottawa à créer un groupe de travail national chargé de coordonner les efforts de lutte contre l’antisémitisme à l’échelle du pays.
« Les attaques dirigées contre la communauté juive doivent faire l’objet d’enquêtes tenant compte, lorsque les circonstances le justifient, de leur possible caractère terroriste », a affirmé Simon Wolle. « Ottawa devrait également rendre passibles de poursuites l’apologie du terrorisme et l’appartenance à des organisations terroristes. »
M. Wolle a ajouté que les gouvernements de l’ensemble du pays devraient s’inspirer de l’initiative ontarienne visant la création d’une équipe spécialisée de procureurs chargés des crimes haineux, afin d’assurer une réponse plus vigoureuse et mieux coordonnée à la montée de la haine et de l’extrémisme.
« En outre, la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, qui englobe certaines formes d’antisionisme antisémite, devrait être appliquée de façon uniforme et intégrée aux programmes d’enseignement et de formation des corps policiers. »