B’nai Brith Canada propose des modifications importantes au projet de loi sur la laïcité du Québec

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Jean-Francois Roberge, le ministre responsable de la Laïcité au Québec (La Presse Canadienne).

10 février 2026

VILLE DE QUÉBEC – B’nai Brith Canada met en garde contre les efforts du gouvernement québécois visant à renforcer la laïcité de l’État, qui pourraient compromettre les droits de la personne dans la province.

En novembre 2025, le ministre chargé de la Laïcité au Québec, Jean-François Roberge, a déposé le projet de loi n° 9, Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec. Si elle était adoptée, cette loi étendrait la laïcité à un segment plus vaste de la société québécoise, notamment aux établissements d’enseignement religieux privés qui reçoivent un financement gouvernemental.

« Le Québec a le droit de gérer ses propres affaires et de préserver sa culture et son identité distinctes », a déclaré Paola Samuel, directrice régionale pour le Québec et le Canada Atlantique chez B’nai Brith Canada. « Mais le libellé du projet de loi 9 soulève des préoccupations chez de nombreux Québécois juifs et adeptes d’autres confessions, qui craignent que ces dispositions ne portent atteinte à leur droit à la liberté de religion et de conscience. Le gouvernement peut et doit trouver un équilibre. »

La laïcité de l’État existe au Québec depuis 2019, lorsque la province a adopté le projet de loi 21, la Loi sur la laïcité de l’État originale. B’nai Brith Canada avait critiqué cette loi à l’époque et a exprimé des préoccupations similaires concernant le projet de loi 9.

« Certains aspects du projet de loi n° 9 risquent d’entraver la capacité des membres de communautés religieuses, y compris la communauté juive, à pratiquer leur foi et à respecter leurs obligations religieuses », a écrit B’nai Brith Canada mardi dans son mémoire présenté à la Commission des relations avec les citoyens de l’Assemblée nationale du Québec.

« Les Québécois juifs sont à la fois de fiers citoyens de la province et de fiers membres de la communauté juive. »

Dans le cadre des consultations publiques de la Commission, B’nai Brith Canada a appelé le Québec à faire des « concessions » pour garantir que son projet de promotion de la laïcité ne marginalise pas les communautés religieuses, notamment en formulant les recommandations suivantes :

  • Éliminer la règle exigeant que les élèves, les enseignants et le personnel des établissements qui reçoivent un financement gouvernemental retirent leurs couvre-chefs religieux, tels que les kippot;
  • Abroger les articles qui compromettraient la possibilité, pour les élèves et le personnel des établissements subventionnés par l’État, d’observer leurs fêtes religieuses sans subir de discrimination.

« B’nai Brith Canada continuera de défendre les intérêts de la communauté juive québécoise et de protéger activement les droits de la personne de tous les Canadiens, d’un océan à l’autre », a assuré Paola Samuel.