Les cas d’antisémitisme violent sont en hausse en 2026, le nombre d’incidents dépassant déjà celui de la plupart des années précédentes.

15 juillet 2026
MONTRÉAL – Après une série d’incidents haineux effrontés survenus ce mois-ci au Québec, B’nai Brith publie des conclusions indiquant que les cas d’antisémitisme violent ont continué d’augmenter à un rythme alarmant au Canada.
Depuis le 1er janvier, B’nai Brith a recensé 27 incidents antisémites violents au pays. Ce chiffre représente plus du double du total enregistré sur l’ensemble de l’année 2025, lorsque 10 incidents de ce type avaient été répertoriés dans le Rapport annuel sur les incidents antisémites au Canada.
Il y a quelques mois à peine, début mai, B’nai Brith a pris l’initiative inhabituelle de publier les premiers chiffres de son Rapport annuel sur les incidents antisémites pour l’année 2026.
Nous avons choisi de le faire car, au printemps, les actes de violence visant les Juifs, y compris des fusillades potentiellement liées au terrorisme qui ont touché plusieurs institutions juives, avaient donné lieu à 11 incidents violents distincts. Notre méthodologie permettant de déterminer ce qui constitue un acte de violence est expliquée ici.
« Il est consternant de constater que, depuis notre dernier rapport spécial, le nombre d’incidents antisémites violents a plus que doublé en l’espace de deux mois », a déclaré Richard Robertson, directeur de la recherche et des affaires publique de B’nai Brith Canada.
Il a précisé que les données préliminaires pour 2026 se classaient en deuxième position en termes de volume, juste derrière celles de 2023, année où le rapport de B’nai Brith avait recensé 77 incidents antisémites violents au Canada.
En date du 15 juillet, le nombre d’incidents violents enregistrés pour l’année 2026 avait déjà dépassé les totaux de 2022, 2024 et 2025.
M. Robertson a indiqué que les derniers incidents violents s’étaient produits le 3 juillet dans le quartier d’Outremont, à Montréal, lors d’une série d’agressions qui semblent avoir été coordonnées et motivées par la haine. D’après des enregistrements vidéo, les témoignages des victimes et les déclarations de la police, plusieurs hommes juifs qui rentraient chez eux à pied après les offices du shabbat dans ce quartier ont été agressés, volés et harcelés.

On peut voir sur les vidéos les agresseurs frapper les victimes et leur voler leurs « streimels » – ces chapeaux caractéristiques doublés de fourrure, associés à de nombreuses branches hassidiques du judaïsme. Dans un cas, un homme semble avoir lancé une bouteille d’eau sur une victime, tandis que dans un autre, un individu aurait proféré des insultes antisémites.
« Ces agressions motivées par la haine sont de plus en plus ciblées, de plus en plus effrontées et de plus en plus odieuses », a déclaré M. Robertson. « Il est inacceptable que cela se produise dans notre pays en 2026. »
« Nous espérons qu’en publiant ces statistiques alarmantes en ce moment précis, nous pourrons inciter nos dirigeants à prendre des mesures pour faire face à cette crise nationale d’antisémitisme qui ne cesse de s’aggraver. »
Nos données concordent avec d’autres indicateurs démontrant que la communauté juive est confrontée à des niveaux d’hostilité importants au Canada. Les crimes de haine signalés à la police montrent depuis des années que les Juifs en sont victimes à un taux plus élevé que les membres de toute autre communauté minoritaire. Parallèlement, de nombreuses études, dont une récente enquête menée pour le compte de l’Association des études juives du Canada, révèlent que les Canadiens juifs se sentent de plus en plus vulnérables et exclus dans ce pays.
Face à cette crise nationale d’antisémitisme, B’nai Brith exhorte notamment le gouvernement fédéral à mettre en place un groupe de travail national de lutte contre l’antisémitisme. L’ensemble de nos recommandations est disponible sur notre site web.
« En juin, le Premier ministre Mark Carney a condamné l’antisémitisme et a reconnu que le pacte social canadien faisait défaut aux membres de la communauté juive », a déclaré Simon Wolle, directeur général de B’nai Brith Canada. « Les mots sont importants. La solidarité est essentielle. Mais cela ne suffit pas. Il est scandaleux qu’en 2026, des Juifs soient agressés alors qu’ils rentrent chez eux à pied après la synagogue au Canada. »
« Nos dirigeants doivent s’attaquer de front à l’antisémitisme et à toutes les formes de haine. Ils doivent nommer le problème, y compris les manifestations antisionistes de l’antisémitisme.
« Nous avons besoin d’une approche impliquant l’ensemble du gouvernement pour lutter contre cette crise, notamment par une application plus stricte de nos lois contre la haine et une meilleure coordination entre les forces de l’ordre. »